I. L'histoire du musée.

image093     Le musée provincial gallo-romain n'a pas toujours été tel qu'il est aujourd'hui.

    Au siècle dernier, des découvertes archéologiques avaient lieu quotidiennement à Tongres. De ce fait, on compte parmi la population, de nombreux amateurs d'antiquités. C'est grâce à ceux-ci qu'en 1854, un premier musée est inauguré et ouvert au public. Les divers objets sont, à cette époque, exposés derrière des vitrines au deuxième étage de l'hôtel de ville.

     La collection du musée voyage beaucoup jusqu'au 3 septembre de l'année 1994 où un musée moderne est inauguré. Il est bâti à l'endroit même où se situait une luxueuse villa gallo-romaine du III ème siècle.

     Aussi, il est situé dans le coeur historique de la ville: à proximité de la basilique Notre-Dame de style gothique, des couloirs romans du couvent et du palais de justice néolithique. Il possède une façade formée d'une grande paroi vitrée qui donne un aperçu de l'intérieur du musée et qui invite le visiteur à le découvrir en profondeur.

     Le musée est organisé en couches, ce qui représente la stratification archéologique de la ville de Tongres. Les objets les plus anciens, ceux de la préhistoire, sont exposés au sous-sol, ainsi que le dodécaèdre et toute son énigme, tandis que le niveau supérieur est réservé aux Gallo-Romains. Un dernier niveau est réservé aux expositions provisoires. Cette disposition novatrice donne au visiteur l'impression d'être lui-même archéologue. Il découvre ainsi le musée comme s'il était simplement sur un site de fouilles.

     D'autres locaux tels que la boutique Artio, un atelier pour les jeunes,un cabinet des médailles, un auditorium et le Panoramacafé sont mis à la disposition des visiteurs.

     En 1985, le musée renfermait 5.000 pièces de monnaies, 150 objets de verrerie et de céramique, des bijoux, des armes et des statues concernant l'époque gallo-romaine.

II. Le dodécaèdre pentagonal.

1. Le mystère du dodécaèdre.

     En descendant au sous-sol du musée, on pénètre dans le monde du dodécaèdre. L'atmosphère mystérieuse que l'on rencontre en entrant dans cette pièce a été réalisée par Stijn Coninx (cinéaste) et Niek Kortekaas. Ceux-ci ont créé une exposition attractive autour de ce mystérieux objet qu'est le dodécaèdre. Le secret du dodécaèdre est situé dans un cadre archéologique avec au centre un dodécaèdre géant éclaté suspendu au-dessus de nos têtes. Le décor représente, à droite, un morceau de coque de bateau naufragé et un théâtre italien délabré du XVIII ème siècle et, à gauche, les gradins d'un amphithéâtre romain. Sur ces gradins gisent statues, machines à écrire, conserves, livres déchirés,... Ce lieu magique est aussi ainimé d'effets sonores et visuels. Pour finir,on peut découvrir le vrai dodécaèdre exposé dans une vitrine.

     Le dodécaèdre est, au musée, symbole de la recherche scientifique et de l'aventure archéologique.

2. Qu'est-ce qu'un dodécaèdre?

     C'est en 1937 qu'un dodécaèdre pentagonal est découvert à Tongres, plus précisément dans une parcelle à l'extérieur de l'enceinte médiévale. En fait, on a découvert, jusqu'à présent, septante-six dodécaèdres, dont trois en Belgique, sur des sites totalement différents (camps militaires, tombes, théâtre,... ) mais toujours sur le territoire des Celtes.

image099     Tous les dodécaèdres connus sont très différents autant par la hauteur, qui varie de 40 à 85 millimètres, que par la taille de leurs ouvertures. Les similitudes sont leur forme géométrique et la présence d'ouvertures et de petites boules placées à chaque angle. En fait, ces boules ne sont pas tout à fait sphériques: elles sont plutôt ovales et mesurent environ 4,4 millimètres sur 5,35 millimètres. Aussi, elles en sont pas soudées par apport de matière. Le dodécaèdre découvert à Tongres est en bronze, creux et en excellent état.

     Actuellement, on ne connait absolument pas la signification du dodécaèdre. Etait-il un pommeau de sceptre, un jouet (genre bilboquet), un objet de culte, un chef-d'oeuvre d'un maître-artisan plus particulièrement d'un fondeur ou d'un forgeron, un symbole religieux, un bougeoir,... ? Mais nous n'en sommes réduits jusqu'à présent qu'à des hypothèses. Peut-être qu'avec le temps, les archéologues y verront plus clair et qu'ils élucideront le mystère du dodécaèdre.

     Je vous propose d'y réfléchir de votre côté et d'envoyer vos idées au Musée Provincial Gallo-Romain de Tongres via l'adresse suivante: contacts.php">http://www.galloromeinsmuseum.be/contacts.php

III. Emplacement des Gallo-Romains au musée.image102

    La pièce consacrée aux Gallo-Romains est divisée en quatre parties par deux axes perpendiculaires invisibles qui rappellent la construction des villes romaines. Ceux-ci séparent la vie de la mort et la ville de la campagne.

     Dans la partie "ville", les bijoux et parures féminines et masculines sont exposés derrière des vitrines. Plusieurs reconstitutions de tombes dans des socles de verre évoquent les coutumes de l'inhumation et de l'incinération. De l'autre côté, on trouve les principaux outils et produits de l'agriculture et de l'élevage. Le contenu des tumuli y sont aussi présents dans d'énormes vitrines.

     Tout au long de l'axe qui sépare la ville de la campagne,on peut admirer des statues de pierre représentant des dieux romains ainsi que des pierres tombales et un sarcophage d'enfant.

IV. L'itinérarium.

     C'est une borne kilomèèétrique datant du II ème siècle ou III ème siècle. Un itinérarium indique des noms de lieux. Les distances y sont indiquées en leugae (mesure gauloise égale à 2.222 mètres). Ces bornes indiquent les routes aux carrefours à la manière de nos pancartes actuelles. Celle trouvée à Tongres concerne les trajets le long du Rhin dans la région de Champagne et dans le nord-est de la France.