06 août 2005

Images répertoriées selon leur ordre d'apparition.

image 1: la Gaule belgique avant la conquête romaine: Dorchy H., Histoire des Belges, Des origines à1975, Bruxelles, A. De Boeck, 1975, p.20.

image 072: Goscinny R., Une aventure d'Astérix le gaulois, Astérix chez les Belges, Neuilly-sur-Seine, Dargaud et Lombard, 1979, P.14.

image 070: la forêt des Carnutes: Goscinny R., Une aventure d'Astérix le gaulois, Astérix chez les Goths, Bruxelles, Dargaud et Lombard, 1963, P. 9.

image 14: César attaque les Aduatiques: Goscinny R., Une aventure d'Astérix le gaulois, Le cadeau de César, Bruxelles, Dargaud et Lombard, 1974, P. 43.

image 012: Caius Julius César: Collectif, Le petit Robert 2, Dictionnaire universel des noms propres, Paris, Le Robert, 1989, P.361.

image 0192: la Gaule belgique après la conquête: Dorchy H., Histoire des Belges, Des origines jusqu'à 1975, Bruxelles, A De Boeck, 1975, P. 24.

image 030: déplacement des légionnaires romains: Goscinny R., Une aventure d'Astérix le gaulois, Astérix le légionnaire, Bruxelles, Dargaud et Lombart, 1967, P. 30.

image 032: plan en damier de la ville de Tongres: plan acheté aumusée provincial gallo-romain de Tongres.

image 035: blason de la ville de Tongres: De Seyn E., Dictionnaire historique et géographique des communes belges, Bruxelles, A. Bieleveld, 1934, p. 1257.

image 038: aperçu d'une ville gallo-romaine: Goscinny R., Une aventure d'Astérix le gaulois, Le domaine des dieux, Bruxelles, Dargaud et Lombard, 1971, p. 5.

image 0422: mur d'enceinte : photos pris sur place.

image 045: la domus romaine: Goscinny R., Une aventure d'Astérix le gaulois, Le combat de chefs, Paris-2e, Dargaud et Lombard, 1966, p. 8.

image 047: une mosaïque romaine: photo prise au musée provincial gallo-romain de Tongres.

image 048: reconstitution d'un hypocaustum, chauffage romain: Daxhelet M-J, Quand les Belges étaient Romains, La vie quotidienne en Belgique gauloise aux temps de l'occupation romaine, Bruxelles, Didier Hatier, 1985, p. 36.

image 053: lampe à huile: Dorchy H., Histoire des Belges, Des origines à 1975, Bruxelles, A De Boeck, 1975, p. 29.

image 055: statuettes représentant des dieux gallo-romains: photo prise au musée provincial gallo-romain de Tongres.

image 057: la mode gallo-romaine: Goscinny R., Une aventure d'Astérix le gaulois, Le combat de chefs, Paris-2e, Dargaud et Lombard, 1966, p. 7.

image 061: les parures féminines: Photo prise au musée provincial gallo-romain de Tongres.

image 073: reconstitution de la charrue gauloise: Baurins S. et Clette A., Histoire du Belge, Tome I: De la nuit des temps à la muette de Portici, Bruxelles, Luc Pire, 1996, p.32.

image 087: contenu de la tombe d'une jeuneGallo-Romaine: photo prise au musée provincial gallo-romain de Tongres.

image 093: façade du musée provincial gallo-romain de Tongres: Provincie Limburg, La route d': guide, De l'époque romaine à l'architecture moderne, Tongeren, s.d., p.5.

image 099: le dodécaèdre pentagonale: Provincie Limburg, Het gallo- museum in Tongeren, n°3, Tongeren, 1994, p.89.

image 102: l'axe invisible séparant la ville de la campagne: Provincie Limburg, Het gallo- museum in Tongeren, n°3, Tongeren, 1994, p.85.

image 104: statue dédiée àAmbiorix, roi des Eburons: Provincie Limburg, La route d': guide, De l'époque romaine à l'architecture moderne, Tongeren, s.d., p.20.

image 109: tour de la I ère enceinte sur la Caesarlaan: photo prise sur place.

image 110: le site archéologique du Vrijthof tel que l'on peut le découvrir actuellement: photo prise sur place.

image 113: un des tumuli de Koninksem: photo prise sur place.

image 1151: le Beukenberg, ancien aqueduc romain: photo prise sur place.

image 117: reconstitution d'un temple romain: Archéologische wandeling door romeins Tongeren.

image 118: la fontaine de Pline: photo prise dans le Stadspark Pliniusbron.

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Abside: Extrémité d'une église derrière le chœur lorsqu'elle est arrondie en hémicycle (demi-cercle).

Balisage: action de poser des marques, des objets au sol pour indiquer un chemin.

Basilique: la basilique est un hall à abside divisé en nerfs par des rangées de colonnes. Elle sert de tribunal, de bourse de commerce, de lieu de réunion, avant de prendre un caractère religieux.

Bataves: peuple germanique établit avant le I er siècle dans l'île formée par deux bras du Rhin à son embouchure, appelée île des Bataves (Insula Batavorum).

Braies: pantalon ample des Gaulois.

Cardo: un des axes (nord-sud) des camps ou des villes. L'autre axe (est-ouest) est le decumanus.

César (Caius Julius): général et homme d'Etat romain (Rome, 13 juil. ~101 - id., ~44 av. J-C). Conquérant des Gaules, en lutte contre Pompée et le Sénat, il fut assassiné.

Cicéron (Marcus Tullius Cicero): orateur, homme politique et écrivain latin né à Arpinum (~106 - ~3 av. J-C). Son frère Quintus Tullius Cicero accompagne César en Gaule.

Claude I er: (10 av. J-C - 54 ap. J-C), empereur romain après 41, empoisonné par Agrippine, son épouse.

Constantin I er le Grand: (entre 270 et 288-337), empereur romain après 306. Il favorisa le christianisme et fonda Cosntantinople.

Curie: le nom désigne le lieu des séances du Sénat et il peut s'appliquer au divers édifices qui reçoivent, parfois accidentellement, cette destination.

Déclivité: état de ce qui est en pente; pente, inclinaison.

Dodécaèdre: solide à douze faces.

Dolmen: monument mégalithique, formé d'une grande pierre plate posée sur deux autres pierres verticales.

Édit de Milan: fondée par les Gaulois Insubres vers 400, Milan (Mediolanum) fut conquise par les Romains en 222. Elle devint la résidence de l'Empereur Maximilien vers 300 et c'est là que fut signé le fameux édit de Milan (313) qui décrétait la fin de la persécution contre le christianisme.

Forum: place rectangulaire qui sert de centre des affaires publiques et privées.

Ganymêdês: prince légendaire de Troie, fils de Tros. Adolescent fameux pour sa beauté, il est aimé par Zeus qui, changé en aigle, l'enlève et l'emporte sur l'Olympe.

Horreum: entrepôt où l'on stock le grain acheté et produit en surplus ou provenant des impôts.

Incinération: action de réduire en cendres, de faire brûler un cadavre.

Inhumation: action de mettre un mort en terre avec certaines cérémonies.

Jais: minerai solide, d'un noir luisant.

Labienus (Titus Labienus): (~98 - Munda, ~45). Lieutenant de César en Gaule, il l'abandonna en ~50 pour se rallier au parti de Pompée.

Magasin: lieu de dépôt de marchandises destinées à être conservées ou vendues. Entrepôt, réserve. Magasin à blé, à grains, à vins.

Mégalithe: monument préhistorique formé d'un ou de plusieurs blocs de pierre (menhir, dolmen, etc.).

Pentagone: polygone qui a cinq angles et cinq côtés.

Pline l'Ancien: (Caius Plinius Secundus). Naturaliste et écrivain latin (Côme, 23 - Stabies, 79).

Polygone: surface plane, limitée par des lignes droites.

Sceptre: bâtonde commandement, insigne de la royauté.

Sigillé: marqué d'un sceau.

Stratification: disposition de roches par couches superposées.

Théonyme: nom attribué à un dieu.

Torque: collier celtique.

Van: plateau d'osier, pour agiter et nettoyer le grain.

Vicus: terme désignant à Rome les quartiers et les rues ordinaires.

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I. Ambiorix.image104

     C'est au centre de la Grand Place que trône la statue d'Ambiorix, roi des Eburons. Cette statue est érigée au centre de Tongres en hommage aux actes héroïques du plus courageux des Gaulois. Sculptée dans le bronze par Jules Bertin en 1866, à un moment où la Belgique, nouvellement créée, se cherchent des héros nationaux, elle est posée sur un socle en pierre de 3 mètres de haut, représentant un dolmen préhistorique.

II. La voie Ambiorix.

     Cette promenade de4,5 kilomètres de long vous conduira, par des balisages au sol en clous de bronze, le long de sites et monuments, expliqués par des panneaux sur place. Avec ou sans guide, muni d'une carte et d'une brochure, vous admirerez la statue d'Ambiorix, la Basilique Notre-Dame, le béguinage, les murailles romaines et encore bien d'autres monuments qui vous feront traverser le monde romain et le monde médiéval.

III. Les remparts romains.

     Des 4 kilomètres de la première enceinte, vous pourrez encore voir 1.200 mètres du mur, atteignant 4 mètres de haut à certain endroit. Une grosse partie de la deuxième enceinte est encore visible près de la partie sud de la Basilique ainsi que la base d'une tour de fortification. A l'époque, la cité de Tongres était répandue sur un territoire plus étendu qu'à l'heure actuelle. De ce fait, une partie des vestiges de l'enceinte romaine se situe dans les champs, en dehors de la ville.

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IV. Les fouilles archéologiques.

image110     Régulièrement, des fouilles sont entreprises à Tongres par l'Institut du Patrimoine Arhcéologique et par l'archéologue attitré de la ville. Tous les objets trouvés lors des fouilles au sein même de la ville sont remis au musée de telle sorte que tout ce qui fait partie du patrimoine tongrois reste dans la ville. Près de la Basilique, on peut admirer le site archéologique du Vrijthof. Bientôt d'autres sites seront ouverts au public.

V. Les tumuli.image113

     Les tumuli sont des tertres funéraires de l'époque romaine. Une grosse partie des tertres existant à l'époque romaine a été nivelée ou détruire au cours du temps (lorsqu'un propriétaire manquait de terres et qu'un tumulus se trouvait sur son terrain, il le détruisait). Ces tumuli sont principalement implantés le long ou à proximité des chaussées telles que Bavay-Cologne et Cassel-Tongeren. La plupart sont isolés.

Près de Tongres ont été découverts:
- La"Tombstraat" en 1697;
- Le lieu-dit "Cockaert Tomme" en 1385;
- Le lieu-dit "Onder die cleen Tomme" en 1514;
Les deux tumuli de Koninksem;
Un autre est encore visible à Piringen-Tongeren, au pied du Beukenberg et (fouillé en 1772).

VI. Quoi d'autre?

1. Le Beukenberg.

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    Le Beukenberg est une déclivité artificielle qui, sur une distance d'environ 5 kilomètres, relie les sources de Widooie à Tongres. Il fut élevé fin I er - début II ème siècle au Nord-ouest de la ville. Cet  aqueduc acheminait de l'eau potable jusqu'à la ville probablement à l'aide d'un canal en bois. A l'endroit où celui-ci rencontre le mur de la ville, on remarque un pont en pierre qui l'enjambe.

     Les Tongrois s'approvisionnent aussi en eau à différents puits également construits par les Romains au fil du temps et les habitants de la ville basse peuvent naturellement se servir dans le Geer.

2. Le temple.image117

     Le temple romain représenté sur cette photo date de la fin I er - début II ème siècle ap. J-C. Le mur de la terrasse côté ouest est encore partiellement conservé. A cette époque, le temple est un lieu de culte. Il est situé au point le plus haut de la ville et se poste à proximité de sources dont la fontaine de Pline. On a récemment découvert les fondations de ce temple.

3. La fontaine de Pline.

image118    

     Cette fontaine rappelle que Pline l'Ancien (23-79 ap. J-C) séjourna à Tongres et qu'il évoqua dans Naturalis Historia la pureté et le bienfait de cette source. Sur une plaque de marbre, nous pouvons lire l'inscription suivante, en latin:

"La ville de Tongres en Gaule possède une source remarquable, aux nombreuses bulles à la saveur ferrugineuse dont on ressent les effets instantanément. Celle-ci purifie les corps des fièvres tierces et dissout les calculs. Cette même eau, lorsqu'on la chauffe, bouillonne et finalement devient rouge".

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I. L'histoire du musée.

image093     Le musée provincial gallo-romain n'a pas toujours été tel qu'il est aujourd'hui.

    Au siècle dernier, des découvertes archéologiques avaient lieu quotidiennement à Tongres. De ce fait, on compte parmi la population, de nombreux amateurs d'antiquités. C'est grâce à ceux-ci qu'en 1854, un premier musée est inauguré et ouvert au public. Les divers objets sont, à cette époque, exposés derrière des vitrines au deuxième étage de l'hôtel de ville.

     La collection du musée voyage beaucoup jusqu'au 3 septembre de l'année 1994 où un musée moderne est inauguré. Il est bâti à l'endroit même où se situait une luxueuse villa gallo-romaine du III ème siècle.

     Aussi, il est situé dans le coeur historique de la ville: à proximité de la basilique Notre-Dame de style gothique, des couloirs romans du couvent et du palais de justice néolithique. Il possède une façade formée d'une grande paroi vitrée qui donne un aperçu de l'intérieur du musée et qui invite le visiteur à le découvrir en profondeur.

     Le musée est organisé en couches, ce qui représente la stratification archéologique de la ville de Tongres. Les objets les plus anciens, ceux de la préhistoire, sont exposés au sous-sol, ainsi que le dodécaèdre et toute son énigme, tandis que le niveau supérieur est réservé aux Gallo-Romains. Un dernier niveau est réservé aux expositions provisoires. Cette disposition novatrice donne au visiteur l'impression d'être lui-même archéologue. Il découvre ainsi le musée comme s'il était simplement sur un site de fouilles.

     D'autres locaux tels que la boutique Artio, un atelier pour les jeunes,un cabinet des médailles, un auditorium et le Panoramacafé sont mis à la disposition des visiteurs.

     En 1985, le musée renfermait 5.000 pièces de monnaies, 150 objets de verrerie et de céramique, des bijoux, des armes et des statues concernant l'époque gallo-romaine.

II. Le dodécaèdre pentagonal.

1. Le mystère du dodécaèdre.

     En descendant au sous-sol du musée, on pénètre dans le monde du dodécaèdre. L'atmosphère mystérieuse que l'on rencontre en entrant dans cette pièce a été réalisée par Stijn Coninx (cinéaste) et Niek Kortekaas. Ceux-ci ont créé une exposition attractive autour de ce mystérieux objet qu'est le dodécaèdre. Le secret du dodécaèdre est situé dans un cadre archéologique avec au centre un dodécaèdre géant éclaté suspendu au-dessus de nos têtes. Le décor représente, à droite, un morceau de coque de bateau naufragé et un théâtre italien délabré du XVIII ème siècle et, à gauche, les gradins d'un amphithéâtre romain. Sur ces gradins gisent statues, machines à écrire, conserves, livres déchirés,... Ce lieu magique est aussi ainimé d'effets sonores et visuels. Pour finir,on peut découvrir le vrai dodécaèdre exposé dans une vitrine.

     Le dodécaèdre est, au musée, symbole de la recherche scientifique et de l'aventure archéologique.

2. Qu'est-ce qu'un dodécaèdre?

     C'est en 1937 qu'un dodécaèdre pentagonal est découvert à Tongres, plus précisément dans une parcelle à l'extérieur de l'enceinte médiévale. En fait, on a découvert, jusqu'à présent, septante-six dodécaèdres, dont trois en Belgique, sur des sites totalement différents (camps militaires, tombes, théâtre,... ) mais toujours sur le territoire des Celtes.

image099     Tous les dodécaèdres connus sont très différents autant par la hauteur, qui varie de 40 à 85 millimètres, que par la taille de leurs ouvertures. Les similitudes sont leur forme géométrique et la présence d'ouvertures et de petites boules placées à chaque angle. En fait, ces boules ne sont pas tout à fait sphériques: elles sont plutôt ovales et mesurent environ 4,4 millimètres sur 5,35 millimètres. Aussi, elles en sont pas soudées par apport de matière. Le dodécaèdre découvert à Tongres est en bronze, creux et en excellent état.

     Actuellement, on ne connait absolument pas la signification du dodécaèdre. Etait-il un pommeau de sceptre, un jouet (genre bilboquet), un objet de culte, un chef-d'oeuvre d'un maître-artisan plus particulièrement d'un fondeur ou d'un forgeron, un symbole religieux, un bougeoir,... ? Mais nous n'en sommes réduits jusqu'à présent qu'à des hypothèses. Peut-être qu'avec le temps, les archéologues y verront plus clair et qu'ils élucideront le mystère du dodécaèdre.

     Je vous propose d'y réfléchir de votre côté et d'envoyer vos idées au Musée Provincial Gallo-Romain de Tongres via l'adresse suivante: contacts.php">http://www.galloromeinsmuseum.be/contacts.php

III. Emplacement des Gallo-Romains au musée.image102

    La pièce consacrée aux Gallo-Romains est divisée en quatre parties par deux axes perpendiculaires invisibles qui rappellent la construction des villes romaines. Ceux-ci séparent la vie de la mort et la ville de la campagne.

     Dans la partie "ville", les bijoux et parures féminines et masculines sont exposés derrière des vitrines. Plusieurs reconstitutions de tombes dans des socles de verre évoquent les coutumes de l'inhumation et de l'incinération. De l'autre côté, on trouve les principaux outils et produits de l'agriculture et de l'élevage. Le contenu des tumuli y sont aussi présents dans d'énormes vitrines.

     Tout au long de l'axe qui sépare la ville de la campagne,on peut admirer des statues de pierre représentant des dieux romains ainsi que des pierres tombales et un sarcophage d'enfant.

IV. L'itinérarium.

     C'est une borne kilomèèétrique datant du II ème siècle ou III ème siècle. Un itinérarium indique des noms de lieux. Les distances y sont indiquées en leugae (mesure gauloise égale à 2.222 mètres). Ces bornes indiquent les routes aux carrefours à la manière de nos pancartes actuelles. Celle trouvée à Tongres concerne les trajets le long du Rhin dans la région de Champagne et dans le nord-est de la France.

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I. La romanisation.

image035     A partir de 52 av. J-C, la Gaule fait partie de l'Empire romain. Elle va ainsi partager son existence jusqu'au V ème siècle ap. siècle. En apparence, elle garde son autonomie mais en réalité, elle est bien dirigée.

     A la campagne, la romanisation s'effectue lentement mais en ville, les Gaulois se familiarisent plus rapidement à la culture romaine.

     Cette romanisation ne détruira absolument rien de la culture gauloise, excepté dans le domaine de la religion.

II. Apport de la culture romaine à la culture gauloise.

image038
fig.: aperçu d'une ville gallo-romaine

A. Les fortifications romaines.

image0422     Dès le II ème siècle ap. J-C, Tongres est entourée par une muraille de fortification de 4.544 mètres de long et de 2 mètres d'épaisseur. Sa hauteur variait de 5 à 6 mètres selon l'endroit. Cette enceinte est bâtie avec des blocs de silex et de grès.

     A plusieurs endroits, elle est munie de tours circulaires de 9,5 mètres, vraisemblablement remplies de terre. Deux fossés en forme de V sont creusés à l'extérieur de l'enceinte. Plusieurs portes s'ouvrent sur la ville par les principales chaussées reliant Tongres aux autres villes de la région.

     Une deuxième enceinte est élevée au IV ème siècle, lors des invasions germaniques, pour protéger le noyau de la ville. Celle-ci, plus petite, ne mesure que 2.680 mètres et totalise une soixantaine de tours circulaires.

B. Vivre à Tongres à l'époque gallo-romaine.

     Avant la conquête romaine, les Gaulois vivent dans de modestes demeures, carrées ou rectangulaires, faites en bois. Les murs sont tapissés de torchis. Le toit, que soutient un ou plusieurs piliers intérieurs, est assez haut et couvert de chaume. Le sol est recouvert de pierre pilée ou de terre battue. Ces maisons mesurent généralement 30 à 60 m². Elles sont le plus souvent groupées en village. En s'installant en Gaule, les Romains apportèrent leurs techniques de construction avec entre autres la fabrication de maison en pierre et en briques. Contrairement aux Gaulois, les Gallo-Romains vivent soit en ville, soit à la campagne.

1. Vivre en ville.

a) L'organisation géographique de la ville.

     La ville gallo-romaine possède en son centre des monuments importants pour la vie municipale. Tout d'abord, un sanctuaire dédié à Rome ou aux Empereurs, soit à une divinité locale. Elle comprend aussi un forum. Celui-ci distribue les fonctions religieuses, politiques, administratives et commerciales aux principaux monuments de la cité. On y trouve entre autres la curie, pas encore découverte à Tongres, la basilique et le forum, qui se trouvaient certainement côte à côte. Tous ces édifices sont disposés autour d'une aire publique ou d'une aire sacrée.

b) Les habitations.

    Au fil du temps, les maisons sont de plus en plus luxueuses. Celles-ci sont toujours en bois mais de conception plus romaine.

    Vers 69-70 ap. J-C, la ville est complètement réduite en cendres pendant la rébellion batave: on le sait car on a retrouvé une couche visible de cendres. Ceci nous prouve que Tongres subit alors une destruction totale. Depuis lors, la pierre fait partie de l'histoire du bâtiment.

     A Tongres, on a retrouvé des maisons luxueuses destinées à loger l'élite privilégiée ainsi que des maisons d'artisans et d'ouvriers.

image045     Certaines habitations gallo-romaines sont appelées Domi. Elles sont généralement composées d'une cour quadrangulaire en plein air occupée par un bassin destiné à récolter les eaux de pluie et entourée d'une galerie ou d'un portique couvert sur lesquels donnent les pièces d'habitation.

     D'autres sont nommées insulae. Celles-ci sont installées les unes à côté des autres, sur un même bloc, défini par des rues perpendiculaires. Elles sont plus économiques car elles sont construites avec des matériaux plus légers. Elles comportent rarement une cour.

     Les pièces sont ici assez petites (de l'ordre de 150 centimètres sur 2 mètres). Ces maisons sont bâties sur une cave et ne dénombrent que un ou deux étages. Leur toiture est inclinée et couverte de tuiles courbées.

     Dans chaque type de maison, des fresques et des mosaïques ornent les murs et couvrent les sols.

image047     On a retrouvé une mosaïque dans la "Hondstraat" à Tongres. Elle date de fin I er - début II ème siècle. Selon les archéologues, elle appartenait à une "galerie d'habitation" urbaine romaine. Elle mesure à l'origine 19,50 mètres de long sur 350 centimètres de large et est composée de dessins géométriques (rectangles, carrés, cercles,... ). Pour la réalisation de ce pavement de mosaïque, on a utilisé des morceaux de terra sigillata pour les tons rouges et du marbre et autres types de pierre pour les autrs couleurs. Lorsque la couleur souhaitée n'est pas disponible, on utilise de la pâte de verre ou du jais.

image048     Comme système de chauffage, les Gallo-Romains utilisent un chauffage central appelé hypocaustum. On a découvert un hypoccauste dans le centre de Tongres en 1934. Il a sans doute fait partie des thermes romains datant de la fin de la période romaine. L'hypocauste est un "fourneau souterrain" permettant de chauffer les différentes pièces d'une maison grâce à la répartition de la chaleur par le sol. Ce sol est soutenu par des cercles ou des carrés plats, en terre cuites, empilés les uns sur les autres. L'air chaud est ainsi dans la paroi via des "tubes".

image053     Pour s'éclairer le soir, les Gallo-Romains utilisent des lampes à huile, des torches et des chandelles. image055Les meubes sont souvent décorés par des bibelots de toutes sortes. Ceux-ci représentent des dieux, des hommes ou des animaux caricaturés.
Les statuettes désignent:
- en bronze, les divinités masculines telles que Hercule, Mars et Mercurius;
- en terre cuite, les divinités féminines telles que Diane, Vénus et Fortuna.

c) Les vêtements et les bijoux.

image057

     On ne sait pas exactement quel genre de vêtements portaient les Gallo-romains car les tissus ne se conservent pas facilement et longtemps. Grâce à des dessins et des sources historiques, on pense que cela ressemblait à ceci:

- les femmes portent une longue tunique en lin, sans manches, parfois recouverte d'un châle en laine. Elles attachent leur robe avec une fibule, sorte de broche, qu'elles accrochent au niveau de l'épaule ou de la poitrine. Aux pieds, elles portent des chaussures en cuir, les carbatina qui ressemblent à nos mocassins actuels.
- les hommes portent aussi une tunique. Par temps froid, ils recouvrent celle-ci d'un manteau à capuche. Dans certaines régions, on peut les voir vêtus de braies.

image061     Déjà à cette époque, les femmes sont assez coquettes. Bracelets en or, boucles d'oreilles, colliers de perles en verre, argent et en bronze, bagues, boucles d'ambre jaune et semi-précieuses, constituent les bijoux de ces jeunes femmes. Ceux-ci, lorsqu'ils ne sont pas portés, sont soigneusement rangés dans une boîte à bijoux en métal. Pour être sûres d'assurer leur beauté toute la journée durant, les femmes possèdent une trousse de dame avec un petit miroir doré. Les hommes utilisent de petites pinces pour s'épiler la barbe et ils possèdent de petits pots en bronze remplis d'huile de massage ou de bain (balsamaria).

2. Vivre à la campagne.

a) La villa.

     Une villa, au temps des Romains, est tout d'abord le centre d'une exploitation agricole. Elle comporte une habitation principale avec deux cours. Celles-ci sont couramment orientées vers le soleil levant. Il y a une première cour, assez petite, appelée pars urbana, et une deuxième, appelée pars rustica, mesurant deux à trois fois la longueur de la première. Au cours de la première cour est disposée la demeur du maître tandis qu'autour de la deuxième cour sont établis les bâtiments d'exploitations (granges, hangars, écuries, ateliers, caves,... ). Donc, la villa est une sorte de grosse ferme de type romain.

     On en a découvert une entre Tongres et Maëstricht. C'est une petite habitation de 13,50 mètres sur 5,50 mètres. Ce type de fermes indigènes est peut-être bien une aedificum dont parle César. L'architecture caractéristiques du bâtiment principal est de forme rectangulaire et munie d'un portique en façade. La cave et la partie inférieure sont construites en pierre. (On a mis à jour, au centre de Tongres, un bel exemple de cave). La partie supérieure peut être édifiée soit en pierre, soit en colombages. Le toit est recouvert avec des tuiles.

b) L'agriculture et l'élevage.

     Au départ, la production agricole est destinée à combler les besoins propres de l'agriculteur et la culture mixte. Vers la fin du I er siècle, on change de façon de faire. On passe alors à l'agriculture systématique et à la monoculture telle que celle de l'épeautre, du froment et de l'orge. On cultive aussi de nouvelles variétés de légumes (concombres) et de fruits (raisins et pommes). Le cheptel est composé de bovins, de porcins, d'ovins et d'équidés, très réputés à Tongres. En pratiquant l'agriculture intensive, on obtient un surplus de nourriture que l'on entrepose dans des magasins appelés horreum. C'est un ensemble de bâtiments fort étendu. Le bâtiment principal, un entrepôt, comporte trois ou quatre ailes munies de réserves à provisions alignées autour d'une pièce centrale carrée. Ce bâtiment mesure 150 mètres de long. Au-dessus de cette pièce mais aussi autour du magasin se trouvaient toutes sortes de dépendances. Ce agasin de stockage en piette date du II ème siècle mais il en existait déjà en bois au I er siècle. Une grosse partie des réserves est destinée aux troupes stationnées en bordure du Rhin.

     Apparemment Tongres joue un important rôle de centralisation du grain à l'époque gallo-romaine. Comme l'approvisionnement de l'armée n'est pas organisé par la civitas mais par les instances militaires, ce magasin se trouvait en dehors des murs de la cité. Un horreum de ce type a été découvert au sud-ouest de la ville, à l'extérieur de l'enceinte.

image073     Pendant longtemps, l'outillage agricole ne change pratiquement pas: charrues, fourches à fumier, meules,... "Dans les grands domaines de la Gaule, fonctionnent pour la moisson d'immensesvans bordés de dents agressives et montés sur deux roues; une bête de somme y est attelée de manière à les pousser et non à les tirer: ainsi, les épis arrachés par les dents tombent dans le van".

C. La religion chez les Gallo-Romains.

     Avant la conquête romaie, les druides étaient seuls à diriger le monde religieux chez les Gaulois. Si ceux-ci n'étaient que des prêtres, Rome les auraient gardés. Malheureusement pour eux, les druides sont porteurs d'une idéologie: ils voient en Rome la mort de la tradition celtique. C'est ce qui les a condamnés à disparaître. Aussi, les druides avaient été à la base de soulèvements contre Rome en 21 et en 69-70 ap. J-C. Les Romains ne voulurent plus de cette classe sociale puissante et dangereuse pour eux. C'est ainsi qu'au I er siècle av. J-C, l'Empereur CLaude supprime la caste des druides et les sacrifices humains.

     La religion gallo-romaine se manifeste par l'apparition d'un grand nombre d'objets iconographiques qui sont imités de modèles romains, de textes latins, ainsi que de temples et d'édifices culturels en pierre. La survie de la religion gauloise est prouvée par la coexistence de théonymes gaulois et romains.

1. Les dieux et déesses Gallo-Romains.

     Les Gallo-Romains vénèrent des dieux gaulois (Cernunnos, Epona, Sucellus) et des dieux romanisés (Mercure-Lug, Mars-Teutates, Jupiter-Taranis, Fortuna).

     Le christianisme apparaît en Gaule vers le milieu du II ème siècle. Il est amené en Europe par les Orientaux. La langue de la liturgie est au départ le grec. De nombreuses communautés chrétiennes s'établissent dans les cités. Si elles sont percutées à une époque, c'est parce qu'elles ne croient pas aux dieux de la cité et de l'Empire et qu'elles refusent de prêter serment à l'Empereur. Ces persécutions durent 177 à 250 ap. J-C. Enfin, en 311, l'Empereur Constantin autorise le christianisme par l'Edit de Milan.

2. Les pratiques funéraires.

a) Les cimetières citadins.

     Selon une loi romaine, il est interdit d'enterrer les morts à l'intérieur de la ville. C'est pourquoi les cimetières et autres "bâtiments" funéraires se situent àl'extérieur des reparts de la ville. La ville de Tongres possède trois nécropoles: une au nord, une au sud-ouest et une à l'est de l'enceinte entourant la ville. Les découvertes faites dans les tombes donnent des indications aussi bien sur le sexe, la profession et le statut social du défunt.

     L'incinération des morts se pratiqueau I er et II ème siècle ap. J-C. Dès qu'une personne meurt, son corps est brûlé sur un bûcher dans le champ funéraire. Cette façon de traiter les morts a un aspect plus économique et plus hygiénique. Une fois recueillies, les cendres sont soit répandues à même le sol de la fosse funéraire, soit récoltées dans un morceau de tissu ou dans un verre. Cette urne est ensuite disposée dans une fosse funéraire plus ou moins carrée ou ronde. En exemple, je vous cite une tombe crématoire du III ème. Tout dans cette tombe indique qu'elle appartient à une personne assez riche. Le défunt est un homme adulte qui souffrait probablement d'une maladie oculaire. On le sait car on a trouvé à ses côtés, un petit pot en verre qui contenait de l'onguent oculaire.Aussi, les offrandes sont composées d'un gobelet en bronze, d'unplateau à onguent et d'une spatule en bronze ainsi qu'une cruche en bronze représentant une scène de Ganymêdês enlevé par l'aigle.

image087     L'inhumation. Vers le début du III ème, les Gallo-Romains préfèrent, petit à peitit, l'inhumation à l'incération. Le corps est alors déposé dans un cercueil en bois, en plomb ou en pierre. En exemple, la tombe d'une jeune femme de 22 ans ayant vécu dans la première moitié du IV ème siècle. Parmi les objets trouvés à ses côtés, on peut remarquer des assiettes en poterie sigillée, un gobelet en poterie sigillée avec garniture en barbotine blanche, un flacon en verre, un manche de couteau en ivoire, un bracelet en bronze, un plat à onguent et une clé en bronze.

     Certains monuments funéraires sont couronnés d'une pierre sculptée, appelée cippus. Pourtant, dans la plupart des cas, les tombes sont garnies d'une simple pierre ou d'un petit tas de terre. Les tombes reconstituées au musée gallo-romain de Tongres ont été découvertes dans le cimetière au sud-ouest et nord-est de la ville.

b) Les tumuli.

     Ce sont surtout les grands propriétaires de villa qui sont enterrés dans un tumulus. Ceux-ci mesurent quelques 16 mètres de haut pour certains et 40 mètres de diamètre. L'urne contenant les cendres du défunt ainsi que les offrandes funéraires sont déposées à l'intérieur de la chambre funéraire, en bois ou en pierre, de ce tumulus. Parfois, plusieurs personnes sont ensevelies sous le même tertre.

     En Hesbaye, on a retrouvé douze tumuli, notamment ceux de Koninksem près de Tongres, Gutschoven près de Heers et Vorsenkortijs. Les tumuli furent construit au cours du II ème siècle ap. J-C.

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I. Pourquoi s'installer en Hesbaye?

     Les Romains veulent installer des bases logistiques pour l'approvisionnement de leurs troupes. Ni en Campine par sa terre pauvre, ni en Ardenne à cause de son relief, on ne trouve l'endroit idéal. Par contre, la Hesbaye offre une terre limoneuse, propice à toutes cultures, qui serviraient à nourrir les troupes de César. Ce territoire est alors très facile d'accès, autant par l'intérieur des terres que par voies fluviales. C'est donc l'endroit idéal pour y établir un camp. Ce camp portera le nom d'Atuatuca.

II.Origine du nom du camp romain Atuatuca Tungrorum.

     Pour repeupler le territoire des Eburons qui ont été décimés par les romains en 54 av. J-C, César invite quelques tribus germaniques à venir s'y installer et à se mêler aux rares Eburons survivants. Parmi eux, on trouve les Tungri. Ils vinrent en grand nombre s'établir autour du Castellum d'Atuatuca vers 18 av. J-C et y fondèrent un village qui prit leur nom: Atuatuca Tungrorum.

III. Le camp militaire.

     Le camp romain a évolué avec le temps. Au départ, en 10 av. J-C, les tentes sont dressées en rang, à distance l'une de l'autre. A cette époque, chaque soldat a sa tâche propre. Lors de leurs déplacements, ils portent tout leur matériel sur leur dos.  Après plus ou moins 20 kilomètres de marche, ils ont le droit de se reposer un peu. C'est à ces étapes militaires que s'établissent progressivement de petits villages. Cela explique que Tongres soit situé à une vingtaine de kilomètres de villes qui se développent plus tard. Comme Liège, Waremme et Maëstricht: ce qui prouve que Tongres est bien la plus ancienne ville de Belgique. De 1 av. J-C à 40 ap. J-C, les tentes en toiles sont devenues des baraques en bois. Et peu à peu, le camp se transforme.

image030

IV. Le camp romain devient un village.

     A cette époque, les rues du camp sont disposées en damier et un village est situé au sud-ouest de ce camp. Lorsque l'armée romaine quitte le camp, sa mission dans le pays des Eburons terminée, les habitants du village décident de s'établir sur le site de l'ancien camp. Ce cantonnement devient ainsi un vicus qui se développe petit à petit en un espace urbain: la civitas Atuatuca Tungrorum, capitale des Tungri.

V. La ville géographique.

image032     Les quartiers d'habitations des villes romaines sont souvent établis sur un plan régulier en damier, trapèze ou triangle suivant la disposition et l'histoire du terrain où ils sont construits. Cet aménagement est typiquement romain. Il consiste à disposer deux routes principales (cardo et decumanus) se croisant en angle droit. Leur orientation a été déterminée lors de sa fondation par la position du soleil levant. D'autres rues sont ensuite disposées parallèlement aux deux premières pour former des carrés d'habitations. A cette époque, les rues sont recouvertes de gravier.

En rouge sur alcarte: l'époque romaine à Tongres.

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I. Situation de la Gaule belgique avant la conquête romaine.

A. Point de vue géographique.image072

image1    

     Vers 58 av. J-C, la Gaule est une immense étendue de forêts, parfois supplantées par des marais, des déserts de sable ou de rochers. Les animaux et les hommes y évoluent en toute liberté.

     A cette époque, la Gaule est divisée en trois parties:
- la Gaule belgique s'étend entre la Mer du Nord, la Seine et la Marne. Y habitent quelque 500.000 belges répartis en une quinzaine de tribus dont les Morins, les Ménapiens, les Aduatiques,... et bien sûr les Eburons.
- la Gaule celtique désigne la France actuelle.
- la Gaule aquitaine occupe le sud de la France, entre la Garonne et les Pyrénées.

B. Point de vue social.

     La hiérarchie dans chaque tribu est subdivisée en quatre classes distinctes:
- le roi, plus tard nommé chef, est choisi parmi les chevaliers de la tribu. Pour célébrer cet évènement, un banquet est organisé. Seul le plus beau, le plus fort, le plus grand et le plus brave est élu.
- les druides "s'occupent des choses de la religion, ils président aux sacrifices publics et privés, règlent les pratiquent religieuses; les jeunes gens viennent en foule s'instruire auprès d'eux, et on les honore grandement (...). Les druides s'abstiennent habituellement d'aller  la guerre et ne paient pas d'impôts comme les autres; ils sont dispensés du service militaire et exempts de toute charge 1". Ils constituent une classe importante, dirigée par un chef absolu. Chaque année, à la même date, ils se réunissent dans la forêt des Carnutes.

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- les chevaliers ou nobles sont membres de l'aristocratie. Ils possèdent de grandes propriétés. Ils ont un grand rôle politique dans la communauté. Ils exercent aussi un pouvoir sur le peuple qui est écrasé par les impôts.
- Le peuple comprend les paysans et les artisans. Ceux-ci sont associés en coopérations. Ils constituent un groupe à part et doivent se lier à un noble pour être protégés. Les agriculteurs et cultivateurs sont rassemblés dans de grosses fermes ou dans des villages.

II. César arrive en Gaule belgique: la conquête.

     La conquête de la Gaule belgique débuta en 58 av. J-C, lorsque Jules César apprend, par ses espions, que les Belges complotent contre Rome. Les Belges, en effet, se concertent en vue d'une action préventive commune pour préserver leur territoire d'une éventuelle attaque romaine.

image014     L'enthousiasme des Belges pour prendre les armes et défendre leur liberté menacée est immense. César décide alors d'agir et se dirige vers la Gaule. Pour éviter que les peuples belges ne se rassemblent, il les combat isolément. D'abord, il s'occupe des Suessions qui capitulent en vingt-quatre heures et des Bellovaques qui choisissent de se rendre après négociations. Les Nerviens se révèlent être autrement redoutables. Ce sont des hommes rudes, d'une grande valeur guerrière, décidés à lutter. Le combat, mené dans la plus grande confusion par l'armée romaine, est finalement gagné grâce à la présence d'esprit et l'énergie de César. Pourtant, celui-ci rend hommage au courage des vaincus. Ensuite, les Aduatiques sont attaqués dans leur forteresse. Effrayés par les machines de guerre romaines, ils proposent de se rendre. "Lorsqu'ils virent que nous construisions au loin une tour (...) quand ils virent qu'elle se mouvait et approchait des murs,(...) ils envoyèrent à César des députés (...). Les députés rapportèrent à leur peuple ces conditions, ils vinrent dire qu'ils s'y soumettaient. Une grande quantité d'armes fut jetée du haut du mur dans le fossé qui était devant la place (...) les assiégés en avaient dissimulé environ un tiers²". Finalement, César remporte la victoire sur les Aduatiques. Après en avoir tué 7.000, il en fait vendre 53.000 en tant qu'esclaves. César entreprend alors de conquérir le territoire des Morins et des Ménapiens.

     Nous sommes alors en 56 av. J-C. Ne voulant pas finir comme les autres peuples gaulois,ils se retirent avec leurs familles et leurs biens dans les forêts et les marécages qui recouvrent leur territoire. Pendant que César et ses troupes construisent leur camp à la lisière de ces forêts, les belges "bondirent de toutes parts hors de la forêt et chargèrent les nôtres. Ceux-ci prirent rapidement les armes et les refoulèrent dans leur bois³". Par après, César entreprend la conquête de la Bretagne et passe le Rhin. Pendant ce temps, il laisse des troupes d'occupation en Gaule pour y maintenir la paix.

III. Ambiorix se soulève.

A. Qui est Ambiorix?

     En 54 av. J-C, la région de Tongres est occupée par la tribu gauloise des Eburons "dont la plus grande partie habite entre la Meuse et le Rhin 4". Cette tribu, d'origine germanique, est dirigée par deux rois; l'un se nomme Cativolcus et l'autre Ambiorix.

B. Ambiorix joue avec les Romains du début à la fin.

     En 54, César a laissé des légions en quartier d'hiver pour faire régner la paix chez divers peuples gaulois, dont les Eburons, avec à leur commandement, Sabinus et Cotta. Au début, les Romains sont bien accueillis par les Eburons. Ambiorix leur offre même le fort d'Attuatuca (endroit où se situe actuellement la ville de Tongres) et apporte des vivres jusqu'au quartier d'hiver établi dans la région. Mais, c'est évidemment une ruse de la part du roi des Eburons car quinze jours plus tard, il attaque le camp.

    C'est un échec total car, lors de l'assaut des Gaulois, les Romains ont eu le temps de s'emparer de leurs armes et de lâcher la cavalerie. Les Eburons reculent et demandent audience. Par une autre ruse, Ambiorix décide les Romains à quitter le camp. "On leur envoie pour cette entrevue Caïus Arpinéius, chevalier romain, ami de Quintus Titurius, et un certain Quintus Junius, Espagnol, qui avait déjà effectué plusieurs missions de César auprès d'Ambiorix. Celui-ci leur parla à peu près en ces termes: " (...) ils reconnaissait qu'il avait envers César de grandes obligations à cause des bienfaits qu'il avait reçus de lui (...). En ce qui concerne l'attaque du camp, il a agi contre son avis et contre sa volonté, il a été contraint par son peuple, car la nature de son pourvoir ne le soumet pas moins à la multitude qu'elle ne la soumet à lui. Et si la cité a pris les armes, c'est qu'elle n'a pu opposer de résistance à la soudaine conjuration des Gaulois. (...) Tous les quartiers d'hiver de César doivent être attaqués ce jour même, afin qu'une légion ne puisse porter secours à l'autre (...). Une troupe nombreuse de mercenaires germains avait passé le Rhin: elle serait là dans deux jours. A eux de voir s'ils veulent, avant que les peuples voisins s'en aperçoivent, faire sortir leurs troupes du camp et les conduire, soit auprès de Cicéron, soit auprès de Labiénus, qui sont l'un à environ cinquante milles, l'autre un peu plus loin. Pour lui, il promet, et sous serment, qu'il leur donnera libre passage sur son territoire 5". Après avoir hésité, les Romains s'excécutent. Évidemment, lors du passage de ceux-ci dans une vallée étroite, les Gaulois les assaillirent en les entourant, ce qui met les Romains dans une position fort désavantageuse pour combattre. En tout, deux légions romaines sont massacrées.

C. Disparition du roi des Eburons.

image012     Quand César prend connaissance des évènements, il envoie ses troupes attaquer les tribus alliées d'Ambiorix. Par la suite, il massacre les Eburons et saccage leurs fermes et leurs villages. César laisse aussi d'autres tribus gauloises et germaniques piller le pays des Eburons. "César envoie des messagers aux peuples voisins: il existe chez eux l'espoir du butin et appelle tout le monde au pillage des Eburons: il aimait mieux exposer aux dangers de cette guerre de forêts des Gaulois plutôt que des légionnaires, et il voulait que, en même temps qu'en punition d'un tel forfait, cette grande invasion anéantisse la race des Eburons et leur nom même. Des forces nombreuses accoururent bientôt de touts parts 6".

     Cativolcus, affaibli par l'âge et fatigué de la guerre, s'empoisonna avec de l'if. De son côté, Ambiorix réussit à échapper aux Romains. On le signala, avec quelques-uns de ses compagnons, dans la forêt ardennaise. Lorsque les Romains leur tombèrent dessus, Ambiorix s'enfuit pendant que ses amis se faisaient tuer pour le protéger. Il termina sa vie avec quatre de ses compagnons dont il ne se séparait jamais. Ainsi finit l'histoire d'Ambiorix, roi des Eburons.

IV. Organisation de la Gaule belgique après la conquête.

A. Organisation géographiques.

image0192     Après la conquête de la Gaule belgique par les Romains, les quinze tribus belges conservent leurs territoires qui se transforment en cités. Après la campagne de Germanie, Auguste rattache à la Belgique les terres conquises en Germanie sur la rive droite du Rhin. Cette "nouvelle Belgique" est alors partagée en provinces, elles-mêmes divisées en civitates. Ces civitates comprennent toutes un chef-lieu. La province Belgica Prima a comme capitale Trèves et n'occupe que la pointe du Luxembourg actuel. Par contre, la province Belgica Secunda est beaucoup plus grande. Elle occupe toute la partie Nord-Ouest de la Morins, des Ménapiens et des Nerviens. Les Tungri ont leur civitas en Germanie Inferior qui a comme capitale Cologne.

B. Organisation économique.

1. L'agriculture et l'élevage.

     Les grands propriétaires commencent à déboiser et à planter des arbres fruitiers inconnus jusqu'alors tels que les cerisiers, les poiriers, les pommiers, les pruniers,... On commence aussi à cultiver le lin en Morinie et les céréales en Hesbaye. "On moulut le blé dans des moulins actionnés par des ânes ou des chevaux et on cuisit le pain dans des fours en brique7".

     L'élevage se développe:
- en Morinie avec les oies;
- en Ménapie et en Nervie avec les cochons et les moutons;
- dans les pays des Tongres avec les chevaux.

2. L'industrie et le commerce.

     Ils se perfectionnent dans le domaine:
- du textile: les Morins tissent le lin qu'ils cultivent tandis que les Ménapiens et les Nerviens fabriquent du drap avec la laine de leurs moutons;
- de la sidérurgie;
- du bâtiment: les Romains apprirent aux Belges à construire des villae, maisons en brique et en pierre, pourvues d'un chauffage central à air chaud appelé hypocaustum;
- la verrerie se développe aussi.

     C'est surtout grâce aux routes romaines et à l'accroissement de la population que l'industrie et le commerce se développent rapidement.

C. Organisation sociale.

     La société gallo-romaine est divisée en trois classes sociales distinctes:
- les hommes libres qui sont les grands propriétaires et les marchands;
- les hommes semi-libres qui travaillent sur le domaine des précédents. Ils leurs doivent un impôt en nature et des corvées;
- les esclaves sont attachés à leurs terres et mènent une vie très dure.

     L'ensemble des découvertes archéologiques faites dans la région de Tongres témoigne de cette organisation nouvelle: la Belgique est devenue gallo-romaine.

1  César, Guerre des Gaules, VI, 13-14.
2 César, Guerre des Gaules, II, 30.
3 César, Guerre des Gaules, III, 28.
4 César, Guerre des Gaules, V, 24.
5 César, Guerre des Gaules, V, 27.
6 César, Guerre des Gaules, VI, 34.
7 Dorchy H., Histoire des Belges, Bruxelles, A. De Boeck, 1975, p.26.

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